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L’Etat reprend la main

15/09/2009

Le projet de loi sur le Grand-Paris doit être présenté à l’automne. Mais, déjà des voix s’élèvent contre la reprise en main par l’Etat de l’aménagement de la région-capitale, et donc un retour en arrière sur la décentralisation.

La décentralisation en Ile-de-France s’est accompagnée d’une incroyable multiplication des interlocuteurs. Ainsi, en 1965, l’Etat décide de scinder les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept départements: Paris (à la fois commune et département), les Yvelines, l’Essonne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise. Si l’on ajoute le nombre de communes d’Ile-de-France, il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de décider collégialement de l’avenir de la métropole.

Deux visions s’affrontent. La première est celle de Paris-Métropole, issue de la Conférence métropolitaine. Il s’agit de rassembler les différentes collectivités territoriales afin de… réfléchir. Malheureusement, il n’y avait seulement que 87 membres fondateurs, et quasiment aucune ville des Hauts-de-Seine ou des Yvelines. Celles-ci, de droite, ont refusé d’adhérer à une structure de gauche. Les autres ont donc décidé de désigner un maire de gauche comme président, son successeur nous dit-on devant être de droite.

Alors qu’ils ont su se mettre en branle contre l’idée émise par le Comité pour la réforme des collectivités territoriales présidé par Édouard Balladur d’une collectivité du Grand-Paris issu de la fusion des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne avec des compétences métropolitaines, la gauche et la droite francilienne sont incapables de se mettre d’accord sur une simple structure d’études.

Dès lors, l’Etat, en la personne du chef de l’Etat et du secrétaire d’Etat chargé du développement de la région-capitale, Christian Blanc, ont opté pour la manière forte. D’où le projet de loi mettant en place la Société du Grand-Paris avec un président du directoire chapeauté par un préfet. Cette nouvelle société est malheureusement uniquement utilitariste. Il s’agit principalement de financer, de réaliser puis de faire fonctionner le métro automatique. Néanmoins, l’Etat donne à cette structure le droit de préempter dans un rayon d’1,5 km. Quand on sait que les gares devront être espacées de 3 km, c’est toute la bande autour du grand-huit qui sera aménagée par la Société du Grand-Paris.

Malheureusement, l’Etat reprend la main car les élus n’ont pas été capables depuis toutes ces années de s’entendre pour mettre en place cette métropole. Alors que d’autres capitales régionales ont réussi à créer des communautés urbaines ou d’agglomération, l’Ile-de-France est une constellation d’intercommunalités et de villes esseulées entourant la capitale. Le syndrome Haussmann y est pour beaucoup, mais force est de constater que c’est le seul qui fonctionne.

Cependant, le Grand-Paris, ce n’est pas uniquement les transports. Il y a certes beaucoup à faire, améliorer l’existant, mettre enfin en route les différents projets sans cesse ajournées faute de moyens. Mais, la métropole souffre du déséquilibre Ouest-Est renforcé encore par le développement de La Défense, engorgeant plus encore les RER A et ligne 1 du métro. Un contre-pôle est donc nécessaire.

Enfin, dans ce futur mécano, le chef de l’Etat a déjà oublié son discours au Palais de Chaillot et occulte complètement les propositions des équipes d’architectes, et plus encore la population francilienne. Les élections régionales doivent être l’occasion pour qu’ils s’emparent du débat.

Jérôme Charré

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