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Articles taggués ‘Europe Ecologie’

Rien ne va changer

22/03/2010 Aucun commentaire

Les résultats du second tour des élections régionales sont plus que limpides. Il faut néanmoins se méfier des interprétations données par les responsables politiques de gauche et de droite.

D’abord, l’abstention a marqué un record pour un second tour. Près de 49% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes ce dimanche, soit à peine 3 points de mieux que dimanche dernier. Au second tour des élections régionales de 2004, l’abstention n’était que de 36%. Je considère que les régions sont encore trop éloignées de leurs concitoyens. De même, nous n’avons pas su, quelque soit la famille politique, intéresser les électeurs. Ainsi, avec le quinquennat et l’inversion du calendrier entre présidentielle et législatives, seule l’élection présidentielle peut changer les choses, et tous, politiques comme citoyens, s’intéressent à cette élection. Les autres scrutins deviennent intermédiaires, et ne sont pas perçus par les uns ou les autres comme utiles pour changer quoi que ce soit.

Dans ce contexte de résignation, les Français ont choisi de poursuivre la nouvelle cohabitation entre un Etat de droite et des collectivités territoriales de gauche. Auparavant, le septennat pouvait permettre d’envoyer une Assemblée d’un autre bord que le chef de l’Etat, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais, cette nouvelle cohabitation, lancée en 2004, n’a pas le même poids. En effet, les régions n’ont pas les capacités suffisantes pour impulser un véritable changement politique, comme peut le faire une majorité parlementaire.

Ainsi, la gauche désormais solidaire et autrefois plurielle détient 23 régions sur 26. L’UMP réussit à conserver l’Alsace et à conquérir la Guyane et la Réunion. Il y a, en fin de compte, une certaine continuité par rapport à 2004. Néanmoins, en y regardant de plus près, quelques évolutions sont à noter.

Quelque soit les triangulaires proposées (avec le FN dans 12 régions, avec Europe-Ecologie en Bretagne, avec le Front de gauche en Limousin ou avec le MoDem en Aquitaine), le troisième réussit à progresser en suffrages. Habituellement, la position de troisième conduit à une érosion des voix en faveur des deux premiers, ce ne fut pas le cas cette fois-ci.

Ainsi, le FN, qui grâce à un contexte de crise économique et social principalement, au débat sur l’identité nationale et à l’énième retour de la question de la sécurité, est revenu sur la scène politique. Cela traduit un échec de la stratégie de Nicolas Sarkozy de siphonner l’extrême-droite en reprenant ses thèmes (insécurité, immigration…). Par exemple, sur la sécurité, elle est gérée depuis 2002 par l’actuel chef de l’Etat, et on ne peut pas dire que sa politique ait fonctionné.

Europe-Ecologie a réussi à se maintenir par rapport aux élections européennes. Le plus dur reste à faire. En effet, il leur fait désormais structurer ce courant. Daniel Cohn-Bendit l’a compris avec son appel du 22 mars. Mais, il va devoir faire face comme dans d’autres courants faire face à la structure nucléaire préexistante que sont Les Verts.

Saluons tout de même le bon résultat de Jean Lassalle en Aquitaine. Avec 15% des suffrages, il redore à lui seul l’étiquette Mouvement Démocrate. Cependant, sa campagne a réussi car elle était différente de celles de nos autres candidats. Il faudra en tirer les leçons et s’en inspirer pour les prochaines.

Comme souvent dans les élections intermédiaires des démocraties occidentales, les résultats traduisent une défaite de la majorité en place, plutôt qu’une victoire de l’opposition. J’entend Martine Aubry évoquer la victoire des présidents de région. Je crois me souvenir qu’un sondage de notoriété faisait état que seuls deux ou trois d’entre eux était connus de leurs concitoyens. Comment les électeurs peuvent soutenir quelqu’un et sa politique s’ils ne le connaissent pas ?

La gauche fanfaronne, c’est de bonne guerre. Mais, elle devra surmonter les mêmes difficultés qu’après les élections régionales de 2004. Malgré leur victoire écrasante, ce fut la droite qui remporta l’élection suprême, la Présidence de la République.

De son côté, l’UMP subit une défaite cuisante. La stratégie du rassemblement le plus large au premier tour pour créer la dynamique au second a accusé le coup face à l’abstention, à la crise économique et sociale qui touche le pays et à la perception qu’ont les Français des réformes menées. Il ne paraît pas dans l’air du temps que le gouvernement change de politique, d’une part, parce que la situation du pays exige qu’on fasse les réformes structurelles et d’autre part, parce que le chef de l’Etat a été élu pour le faire.

Dès lors, même si la gauche peut se dit victorieuse à l’issue de ce scrutin, il y a fort à parier que rien ne change dans la conduite du pays par la majorité.

Jérôme Charré

Se rassembler, pourquoi faire ?

16/11/2009 2 commentaires

Après une rencontre à Marseille dans le cadre des Ateliers d’été du courant socialiste L’Espoir à gauche, des représentants socialistes, écologistes et démocrates se sont retrouvés dans le cadre du Rassemblement.

Il s’agit de proposer une alternative crédible à Nicolas Sarkozy, un autre projet. L’idée est séduisante mais elle me paraît terriblement réductrice. En effet, il existe une règle en politique qui est de ne pas nommer son adversaire ou concurrent afin de lui donner de l’importance. Or là, ce Rassemblement ne tient que parce qu’il est contre l’actuel locataire de l’Elysée.

Cela est bien regrettable car c’est la première fois que le terme même de « rassemblement » est utilisé par des courants de gauche et du centre. Tout le long de la Ve République, les Rassemblements qui soient pour la République (RPR) ou plus ancien du peuple français (RPF) étaient plutôt de droite ou de centre-droit. Leurs qualificatifs étaient également larges, la République ou le peuple français, ce qui en rajoutait. Là, le rassemblement n’est qu’une agrégation de socialistes, d’écologistes et de démocrates. Il aurait fallu voir plus large.

Ainsi, si je suis favorable à cette idée de rassemblement, elle me pose problème par rapport à la conception que j’en ai, qui était celle du candidat François Bayrou en 2007, c’est-à-dire en rassemblant les personnalités de gauche, du centre et de droite. Ici, les personnalités de droite qui malgré tout s’opposent à la politique conduite aujourd’hui sont rejetés de ce rassemblement.

Enfin, comment peut-on prétendre parler d’un rassemblement si les amis des différentes familles politiques s’enferment au lieu de s’ouvrir ?

Jérôme Charré

Autonomie plutôt qu’alliances

25/10/2009 Comments off

Hier, se tenait le Conseil national du Mouvement Démocrate. Celui-ci, à l’unanimité des membres présents, a décidé qu’une liste investie par le Mouvement Démocrate sera présente dans toutes les régions pour les élections régionales de 2010.

J’ai évoqué que le choix des listes autonomes préserve à court terme le positionnement du MoDem. Il faudra réaliser au moins 5% des suffrages pour pouvoir fusionner avec une liste d’alternance, donc de gauche. Ensuite, le mieux est d’obtenir 10% des suffrages pour soit se maintenir, soit pouvoir négocier en position de force.

Le Conseil national a choisi une solution qui se présente comme délicate mais pas insurmontable. Désormais, nous devons nous atteler à mettre sur pied notre projet, des programmes régionaux, à changer la perception qu’ont les Français du MoDem, et enfin à améliorer la notoriété de nos futures têtes de listes.

Concernant celles-ci, en juillet, François Bayrou annonçait vouloir l’organisation de primaires, en septembre, il revenait dessus, enfin, hier, c’est une solution médiane qui est prévue. Ainsi, les têtes de listes régionales sont proposées (et choisies selon des critères de notoriété et de reconnaissance) par le Bureau exécutif puis elles doivent être approuvées par les adhérents des régions concernées.

Lors de sa séance du 4 juillet, le Conseil national avait adopté l’idée d’une réflexion pour une désignation plus démocratique des candidats. Ainsi, par rapport aux européennes, le corps électoral chargé d’approuver les têtes de listes sera plus large, du Conseil national, nous passons aux adhérents de chaque région.

Pour ma part, le Mouvement Démocrate s’est enfermé dans un calendrier extrêmement serré et une nouvelle fois épuisant avec un Congrès début décembre à Arras, puis une campagne électorale. Pour mémoire, l’UDF avait désigné ses têtes de listes et chefs de files pour les élections régionales de mars 2004 début novembre 2003, et la réflexion sur les programmes étaient amorcés dès septembre 2003. Autant dire que nous avons déjà du retard, et l’organisation de primaires auraient alourdi notre calendrier, en ajoutant une nouvelle vague de querelles, sinon guerres, intestines.

Je sais bien que l’alternance entre des longs moments où il ne se passe rien et des séquences plus courtes où tout est concentré devient une habitude au Mouvement Démocrate. Et que cela ne constitue pas une raison pour chasser la question des primaires, et même d’amélioration de la démocratie interne.

Il faut reconnaître qu’il y a des choses que je dis avec d’autres concernant le fonctionnement et l’organisation du Mouvement Démocrate dès sa création qui commence enfin à poindre le bout du nez. Dès lors, nous devons continuer d’être exigeant à l’intérieur du mouvement afin de suivre avec intérêt la transformation d’une organisation UDF en une organisation enfin MoDem.

Jérome Charré

MoDem, Cap21 et Terre démocrate

20/10/2009 9 commentaires

J’ai appris comme beaucoup que Corinne Lepage quittait la responsabilité des commissions démocrates, et que Robert Rochefort lui succédait dans cette mission importante pour le Mouvement Démocrate. Or, simultanément, on découvre que la même Corinne Lepage créait un club de réflexion baptisé Terre démocrate.

Cette simultanéité me rend perplexe quant à l’attitude de Corinne Lepage. Comme Chantal Portuese, je considère que créer un groupe de réflexion à l’extérieur du mouvement alors qu’on était en train de s’en occuper à l’intérieur sème quelque peu la confusion, mais c’est aussi un échec. Le Mouvement Démocrate, et ses commissions, fonctionne trop en vase clos, en entre-soi. Aussi, je regrette que l’on ait pas organisé une série de colloques ou de conférences-débats afin d’enrichir d’avis extérieurs le travail des commissions. Malheureusement, ce mouvement a bien du mal à faire travailler ensemble ses propres militants. Chacun fait ce qu’il peut dans son coin, et pour un parti dont l’acronyme est « modem », il est bien regrettable que l’on arrive pas, de manière volontaire ou non, à connecter toutes ces énergies.

Au-delà de cela, c’est le positionnement même de Corinne Lepage, et de Cap 21, qui interroge. On le sait, les écologistes du Mouvement Démocrate sont extrêmement déçus que leur philosophie politique ne soit pas mieux intégrée dans le projet politique. Aussi, le bon résultat des listes Europe-Ecologie par rapport à celles du MoDem donnent à réfléchir. Ainsi, certains ont déjà amorcé des discussions avec les tenants d’Europe-Ecologie pour des listes communes aux élections régionales de mars prochain. Mais, Les Verts, plus sectaires que ce qui les a dépassé, ont décliné l’offre et François Bayrou, n’a pas franchement montré son intérêt.

Pour ma part, si je trouve que cette alliance entre MoDem et Europe-Ecologie est celle qui me semble la plus prometteuse, j’estime qu’elle peut aussi être néfaste. En effet, il y a entre ces deux formations une bataille pour la troisième place, sinon la deuxième. Dès lors, chaque formation doit se présenter seule au risque de tuer dans l’oeuf ce pourquoi elle a été créée.

Et Corinne Lepage et Cap 21 dans tout ça ? Et bien, je crois qu’ils sont dans une position délicate. En effet, Cap 21 a préféré avoir un pied dans le Mouvement Démocrate et un autre dehors. Aussi, il y a toujours un différent financier entre Cap 21 et l’UDF-Mouvement Démocrate qui court depuis les élections législatives de 2007. A cela, s’ajoute des visions différentes de gouvernance interne.

Dès lors, il ne m’étonnerait pas qu’après les élections régionales, si le résultat est aussi, sinon plus, médiocre qu’aux élections européenne, Cap 21 quitte le Mouvement Démocrate pour rejoindre Europe-Ecologie.

Jérôme Charré

Alliance, alliances

06/10/2009 3 commentaires

Depuis la sévère défaite aux élections européennes, le Mouvement Démocrate ne peut plus prétendre à incarner la troisième force, ni UMP, ni PS. Dès lors, pour les élections régionales, deux choix sont proposés.

Soit, le Mouvement Démocrate présente des listes autonomes au premier tour et advienne que pourra au second, soit, il s’allie avec une autre famille politique.

Le choix des listes autonomes préserve à court terme (entre les deux tours seulement) le positionnement du MoDem. Néanmoins, il faut réaliser au moins 5% des suffrages pour pouvoir fusionner, et d’après ce que l’on en connaît, avec la liste de gauche. Ensuite, le mieux est d’obtenir 10% des suffrages pour soit se maintenir, soit pouvoir négocier en position de force. Or, les résultats de 2004, à l’époque, avec un score moyen de 11-12%, les premiers sondages donnant un poids de 7-9% n’incitent pas à se lancer une nouvelle fois en solo.

Aussi, si dans quelques régions, les têtes de liste sont déjà connues, malgré les promesses de François Bayrou à ce sujet, elles auront un double problème: une notoriété moindre et une vision déclinante du MoDem.

Ensuite, il peut y avoir des alliances dès le premier tour, soit selon les régions, soit pour tout le territoire. Dans ce cas-là, à mon sens, il est plus sage de privilégier une alliance avec Régions-Ecologie qu’avec le Parti socialiste. L’alliance avec le PS est la plus dangereuse. En effet, si la liste PS-MoDem a du mal à distancer nettement celle des Verts ou qu’elle est distancée, les candidats MoDem seront les dindons de la farce. Si les deux électorats peuvent être complémentaires, seul l’antisarkozysme peut les rassembler.

L’alliance avec Régions-Ecologie est alors plus prometteuse. Le tandem Régions-Ecologie-MoDem aura plus de poids face au PS pour négocier des postes dans les exécutifs régionaux. Aussi, les électorats sont plus similaires, de même que la vision du monde. De plus, les deux ensembles sont assez similaires. En effet, que ce soit Régions-Ecologie ou le Mouvement Démocrate, ils sont au départ issus d’un parti nucléaire (Les Verts pour les premiers, l’UDF pour les seconds) qui s’est incroyablement ouverts lors d’une campagne électorale (européenne et présidentielle).

Le choix sera difficile à faire. En tant que partisan ancien de l’indépendance de l’UDF vis-à-vis de l’UMP, je ne pourrai qu’être favorable à la présence de listes autonomes. Néanmoins, le Mouvement Démocrate ne peut, au risque de disparaître, se permettre de manquer cette élection.

Jérôme Charré

Déception durable ?

29/09/2009 un commentaire

Plusieurs consultations électorales ont eu lieu ces dernières semaines, suite à des annulations des précédents scrutins. Il vaut mieux franc mais le bilan de celles-ci pour le Mouvement Démocrate n’est pas des plus brillants.

Ainsi, à Rambouillet, le candidat Divers gauche, Georges Mougeot, soutenu en personne par François Bayrou n’a recueilli que 9,58% des suffrages, soit deux points de moins que son premier adjoint au maire, Pierre Le Guérinel, candidat en 2007. On peut se satisfaire comme Marielle de Sarnez que le score de la candidate des Verts, Anne Poursinoff, valide la démarche initiée par François Bayrou, mais pour l’instant ce n’est pas vraiment au profit du MoDem.

Aussi, à Corbeil-Essonnes, la liste « sans étiquette » de l’ancien premier adjoint au maire Serge Dassault et présidente du Mouvement Démocrate de l’Essonne, Nathalie Boulay-Laurent, n’obtient que 4,63 % des voix. Le positionnement de cette dernière lui a sans doute nuit.On peut citer également le score obtenu par Eric Fluck à la cantonale d’Argenteuil ou celui de Fabien Bénard à Nice (un peu plus de 2% des suffrages chacun).

Les élections partielles ne peuvent, compte tenu de l’importance du contexte local et des fortes abstentions, servir d’éléments d’analyses pour la situation nationale. Néanmoins, on ne peut que constater que le Mouvement Démocrate éprouve beaucoup plus de difficultés que lors des élections précédentes, y compris partielles.

De là, à voir de futures déceptions quant aux résultats obtenus par les candidats démocrates, il n’y a qu’un pas. Lors d’un Conseil national, François Bayrou indiquait sur ces fameuses élections partielles, qu’il ne fallait pas forcément se présenter si un bon score (plus de 10%) n’était pas possible. Il expliquait que si on présentait à ces élections et que le score était mauvais, cela nuisait au mouvement et pouvait conduire à des scores encore plus médiocres.

C’est bien souvent lors des campagnes électorales que les citoyens s’intéressent à ce que disent les partis politiques et leurs représentants. Cela pose problème car à force d’être des scrutins, comment réussir à parler de nos idées ? Doit-on continuer à accumuler les déceptions électorales ?

Un improbable dialogue

23/09/2009 Comments off

Lors de notre université de rentrée, François Bayrou a soumis l’idée d’un « Parlement de l’alternance » afin d’éviter que le pouvoir en place, avec ce qu’il fait de notre société et de ses valeurs, ne reste en place dix ans.

J’évoquais la situation délicate que cela pouvait occasionner dans les collectivités où les élus MoDem l’ont été avec l’UMP. Mais, plus près de moi, elle ne sera pas non plus des plus évidentes. Comment faire fonctionner ce « Parlement de l’alternance » en Seine-Saint-Denis ?

En effet, dans ce département historiquement à gauche (la fameuse « ceinture rouge »), d’une part, le besoin d’alternance n’est pas le même et d’autre part, nous n’avons pas les représentants de l’opposition les plus sympathiques à notre égard. La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, députée de la 4e circonscription, a clairement indiqué un refus de dialoguer avec le MoDem. De même, ce n’est pas le patron local du Parti socialiste et lieutenant de Laurent Fabius, Claude Bartolone, qui acceptera cette proposition.

Lors des dernières élections municipales, le Mouvement Démocrate avait présenté 18 candidatures indépendantes, une dizaine alliée à l’UMP ou Divers droite, une seule avec le PS au Blanc-Mesnil. Malheureusement, la tête de liste socialiste a été exclue par Claude Bartolone. Le seul maire étiqueté MoDem l’a été sur une liste MoDem-UMP.

Dès lors, la proposition qu’elle est évoquée par François Bayrou me semble bien improbable, sinon impossible, à mettre en oeuvre en Seine-Saint-Denis.

Néanmoins, si on change les éventuels interlocuteurs, cela peut devenir possible. L’UMP d’Eric Raoult verrait d’un bon oeil que le MoDem devienne son vassal comme l’était l’UDF auparavant. Mais, après le chemin parcouru depuis 1999, et constatant les nettes différences de vision de société entre UMP et MoDem, à quoi bon un tel retour ?

Reste à ce jour deux possibilités. D’abord, dans un département laboratoire pour le pays, le MoDem et Europe-Ecologie ont la même sociologie électorale et sur de nombreux points des idées convergentes et complémentaires. Cependant, cela peut être un facteur de concurrence entre les deux formations.

Enfin, le Mouvement Démocrate peut rester isolé des autres forces politiques départementales. Mais, pour survivre puis se développer, il devra impérativement dialoguer avec les forces vives séquanodyonisiennes. Et si, finalement, il valait mieux dialoguer avec les citoyens que des politiques ?

Jérôme Charré

Une histoire commune ?

24/08/2009 un commentaire

Quelques dirigeants du Mouvement Démocrate ont participé aux journées organisées par le courant « L’espoir à gauche » animé par Vincent Peillon. Ainsi, Jean-Luc Bennahmias et Marielle de Sarnez participaient aux tables-rondes.

L’intervention de cette dernière à la table-ronde dont le thème était « Une nouvelle majorité progressiste pour la France: Comment et avec qui ? » a largement contribué à la médiatisation de ces journées. Sans doute, plus importante que la traditionnelle université d’été socialiste de La Rochelle.

En ce qui me concerne, je ne vois pas d’un mauvais oeil la participation des représentants du Mouvement Démocrate a ce type de rencontres. En effet, il me semble essentiel de sortir de notre isolement et de discuter avec d’éventuels futurs partenaires dont nous pouvons avoir des valeurs communes.

Néanmoins, je suis extrêmement sceptique sur la naissance d’une histoire commune entre MoDem, PS, PRG, Verts et PCF. En effet, depuis 1999, François Bayrou a progressivement amorcé le recentrage de l’UDF qui sera ensuite confirmé dans la création du Mouvement Démocrate. Là, je sens poindre qu’après une période d’indépendance vis-à-vis de la droite, nous nous acheminons vers une alliance avec la gauche. Dès lors, je crains que l’idée-même d’un Mouvement Démocrate indépendant risque de n’avoir été qu’une utopie.

Bien sûr, il ne s’agit que d’une intervention à des journées organisées par un courant socialiste. Les députés MoDem ne sont pas vassaux de l’UMP, pour les sénateurs c’est moins clair. Ils ne le sont pas encore du PS.

Nos valeurs ne sont pas, et de loin, celles prônées par la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Je ne suis pas certain qu’elles soient celles d’une gauche archaïque qui n’a su tirer les conséquences de ses échecs répétés.

Aussi, alors que le Conseil national a adopté la tenue d’un congrès programmatique à l’automne, alors que nous n’avons pas encore l’ébauche de programme (certains en oublient même celui de 2007 !), je considère que nous ne devons pas précipiter d’éventuelles alliances.

Le PS ne semble pas se remettre de son dernier échec aux élections européennes, mais il n’a pas encore implosé. Les Verts ne sont pas encore fondus dans Europe-Ecologie. Certains radicaux de gauche, et notamment Jean-Michel Baylet, voudraient se remarier avec les radicaux valoisiens (de droite). Ainsi, si l’opposition à Nicolas Sarkozy réunit tous ces partis, cela ne fait pas encore un socle pour un éventuel rapprochement des progressistes.

Aussi, un tel rapprochement risque de provoquer une énorme confusion dans nos rangs, et par là-même de nouveaux (ou d’énièmes) départs. Cela risque, en effet, d’être problématique dans les collectivités où nos élus l’ont été avec l’UMP, sous le bon patronnage de François Bayrou.

Je suis convaincu que nous pouvons être la locomotive d’une rénovation de la politique en France. Mais, j’espère que nous ne briserons pas l’élan qui a été à l’origine de notre mouvement.

Jérôme Charré

Merci !

08/06/2009 un commentaire

Je tiens à remercier personnellement les 925 électeurs qui ont porté leur suffrage sur la liste du Mouvement Démocrate conduite par Marielle de Sarnez. Ce score de 7,31% des suffrages exprimés est en-deçà du score obtenu dans la région, mais proche de celui obtenu dans notre département.

Lorsque l’on regarde les résultats par bureau de vote, on constate que le nombre de suffrages est sensiblement le même que celui obtenu par la liste MoDem conduite par Rezak Bezzaouya, l’abstention faisant modifier les pourcentages.

Aussi, le vote en faveur du Mouvement Démocrate sur Aulnay-sous-Bois est très inégalement réparti. On passe d’un piètre 1,53 % au bureau 37 – Ormeteau à 11,55% au bureau 11 – Louis Solbès. Cette répartition ne suit en rien le clivage grands ensembles-quartiers pavillonnaires qui profitent au PS pour les premiers et à l’UMP pour les seconds.

Quant aux performances des autres formations, cela suit assez bien le contexte national. Ainsi, l’UMP se maintient assez bien, même dans les bureaux du nord de la ville. Dans de nombreux bureaux, Europe Ecologie est devant le Parti socialiste. Le Front de gauche arrive à se placer devant le NPA. Enfin, la liste de Dieudonné Mbala Mbala obtient de bons scores (entre 5 et 23%) dans les bureaux situés dans les quartiers de grands ensembles.

Dès lors, à Aulnay-sous-Bois comme en France, il faut analyser les raisons de cette contre-performance, nous remettre collectivement en cause et montrer enfin ce Mouvement Démocrate que nous avons fondé le 2 décembre 2007.

Jérôme Charré

Déceptions

08/06/2009 un commentaire

Déception, c’est le terme qu’a employé François Bayrou dans sa déclaration faite au siège du Mouvement Démocrate, hier soir. En effet, ce mot convient parfaitement quant aux résultats des élections européennes. Il y a, en ce qui me concerne, plusieurs raisons.

D’abord, je regrette que l’abstention à ces élections ait une nouvelle fois progressée. Ainsi, elle augmente à chaque scrutin européen alors que le pouvoir des parlementaires ait lui de plus en plus important. Cela est bien inquiétant et rien à présent n’a réussi à enrayer ce fossé entre les institutions et les citoyens européens.

Ensuite, le score obtenu par les listes du Mouvement Démocrate ne correspond pas à nos attentes, ni à notre campagne. Avec environ 8,5% des suffrages exprimés, nous sommes en deçà du score obtenu par l’UDF en 2004 (12%) ou en 1999 (9,28%). Ce résultat est sensiblement le même que celui obtenu par Simone Veil en 1989 !

Je félicite nos élus, Marielle de Sarnez, Corinne Lepage, Jean-Luc Bennahmias, Sylvie Goulard, Robert Rochefort et Nathalie Griesbeck puisque Jean-François Khan a tenu son engagement.

Si nos têtes de listes, nos candidats, nos militants ont tous parlé d’Europe, nous avons d’abord profité de la campagne de François Bayrou autour de son livre Abus de pouvoir, puis nous en avons pâti. Ainsi, notre mouvement issu du courant de pensée à l’initiative de l’Union européenne n’a été réduit qu’à l’antisarkozysme primaire. Le coup de glas a été sonné lors du pugilat de l’émission A vous de juger sur France 2.

Dès lors, si le capital de François Bayrou en tant que meilleur opposant à Nicolas Sarkozy semble peu altéré, c’est le Mouvement Démocrate qui peine à émerger en tant que troisième force politique du pays. Il est donc nécessaire de sortir de la posture, si sympathique soit-elle, pour aller enfin vers ce que les citoyens attendent: des propositions !

Les élections européennes étaient l’occasion rêvée pour enfin lancer notre mouvement, grâce à un mode de scrutin favorable (un seul tour à la proportionnelle), grâce à notre histoire et nos valeurs, grâce à nos candidats. Finalement, l’occasion a été gâchée.

La fin de campagne a profité aux listes Europe Ecologie, qui sont sans doute bénéficié de la basse attaque de François Bayrou contre Daniel Cohn-Bendit jeudi dernier et de la projection du film Home de Yann Arthus-Bertrand sur France 2, certes, mais dans toutes les salles de cinémas du monde !

Leur score est historique. Europe Ecologie talonne le Parti socialiste (16,7 contre 16,0%). Les coups obtenus aux élections européennes sont difficiles faire perdurer par la suite. Les précédents d’Antoine Waechter en 1989, de Philippe de Villiers et de Bernard Tapie en 1994, du RPF de Charles Pasqua et Philippe de Villiers en 1999 peuvent faire penser que l’exploit d’Europe écologie a de grandes chances d’être un coup d’épée dans l’eau.

Aussi, le Parti socialiste de Martine Aubry n’a pas convaincu les électeurs. Cela s’inscrit dans une crise de la social-démocratie en Europe. De son côté, l’UMP réalise un bon score, deux-trois points de moins que le score obtenu par Nicolas Sarkozy en 2007.

De ce fait, les résultats des élections européennes montrent une nette opposition à la politique conservatrice en France et en Europe. Mais, celle-ci est émiettée, elle ne convainc pas si elle reste cantonée à la critique, elle convainc que lorsqu’elle s’élève vers d’autres enjeux. Un grand chantier s’annonce.

Jérôme Charré