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Articles taggués ‘Jean-Paul Huchon’

Ça bouge dans les transports ?

17/02/2010 un commentaire

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il y a quelques mois, le Syndicat des Transports d’Ile-de-France placardait partout des affiches où il promouvait le développement du réseau de tramway, à l’horizon 2014, puis plus récemment il vantait le nouveau train régional, le Francilien. Pour ces deux campagnes, le slogan choisi est « Ça bouge dans les transports ! ».

Ça bouge, oui, mais pas franchement dans le bon sens. A l’heure où l’on souhaite faire changer de comportement aux Français en les faisant passer du transport individuel au collectif, la gestion des transports est totalement inadaptée.

Depuis 2004, le réseau de transports de l’agglomération s’est peu étoffé, et les usagers constatent chaque jour que si les tarifs augmentent, le nombre de dysfonctionnements aussi. Plusieurs lignes sont au bord de l’asphyxie comme la ligne 13 ou les RER A et B. Pendant ce temps-là, le STIF fait du tramway un peu partout sans qu’il ne soit relié hormis depuis peu le T2 et T3 à la Porte de Versailles.

Un dossier de 20minutes paru hier est éloquent. Toutes les lignes de RER sont concernés même le plutôt favorisé RER E. Ainsi, ce sont des millions de Franciliens qui sont soumis aux aléas des transports publics.

Or, depuis la mise en service des lignes 14 (Météor) et du RER E (Eole) en 1998, il n’y a plus eu de véritables projets de création de lignes pour désaturer le réseau. Pire, ces lignes ne sont même pas terminées. La ligne 14 devait relier Gennevilliers à Villejuif en reprenant une branche de la 13, et bien, le STIF en décide autrement. Le RER E doit rejoindre La Défense pour desservir Mantes-la-Jolie via Poissy, on attend encore.

Aussi, il y a dans ces problèmes de transports, un incroyable échec de l’urbanisme au niveau régional. En effet, au lieu de développer les transports en même temps que la construction de logements ou de bureaux, ils arrivent dix ou vingt ans après. Il y a donc systématiquement un net décalage entre l’offre proposée et la demande qui ne cesse de croître.

La Région n’est pas seule responsable, mais force est de constater que depuis qu’elle a pris les rênes du STIF, il n’y a pas eu de gestes notables pour améliorer le réseau existant et créer de nouvelles lignes. Quand la RATP a proposé Métrophérique, Jean-Paul Huchon avait d’abord rejeté le projet, avant de se raviser en le renommant Arc Express.

Quant à l’Etat, il souhaite reprendre la main sur le transport avec le projet du Grand-Paris, mais il serait préférable qu’il mette enfin la main à la proche, et les milliards du métro automatique dans ce qui peut améliorer le transport des Franciliens.

Dès lors, il est regrettable que l’intérêt général des Franciliens soit victime d’une ambition insuffisante de la part de la Région et d’une schizophrénie de l’Etat, donneur de leçons mais mauvais payeur.

Jérôme Charré

Le Grand-Paris est mort

01/11/2009 2 commentaires

L’élection du maire socialiste de Cachan, Jean-Yves Le Bouillonnec, à la présidence de Paris-Métropole avait refroidi les dirigeants des collectivités locales UMP à rejoindre le nouveau syndicat mixte, issu de la Conférence métropolitaine. La vision étroite du gouvernement et en premier lieu du chef de l’Etat pour l’agglomération-capitale avait réduit le débat à une pitoyable querelle gauche-droite.

Désormais, c’est la réaction stupide du futur ex-président de l’EPAD, Patrick Devedjian, et de ses amis qui fait que le projet indispensable d’un Grand-Paris est désormais mort, ou du moins vidé de sa substance. En effet, créer Ile-de-France Métropole ne sert qu’à contrer Paris-Métropole. Il n’y a aucune vision sur cette agglomération de 11 millions d’habitants qui souffre de déséquilibres en terme de transport, de logements, de développement économiques…

Il est regrettable que, sur ce sujet, nos élus n’aient qu’une vision purement politicarde, tellement elle est médiocre. Je regrette déjà les contributions fort intéressantes des équipes d’architectes, je regrette les rapports menés par le sénateur-maire des Pavillons-sous-Bois, Philippe Dallier, d’une part et celui du Comité pour la réforme des collectivités territoriales, d’autre part. Travaux qui avaient une certaine hauteur d’esprit nécessaire, sinon indispensable, pour un tel sujet.

Malheureusement, ce n’est même pas un Haussmann II qui est la cause de cet échec pour faire naître enfin le fait métropolitain pour Paris et sa banlieue. C’est la médiocrité de ses élus, aussi bien de droite comme de gauche. Elus, qui ne savent pas ranger les différents pour se mettre enfin au service de l’intérêt des 11 millions de Franciliens.

Dès lors, incapables de s’entendre les élus donnent à l’Etat les clés de l’agglomération. Celui-ci n’en fera qu’une rocade métro entre les pôles économiques régionaux et en profitera pour préempter les terrains environnants. Navrant.

Jérôme Charré

Tout est déjà plié ?

28/08/2009 3 commentaires

L’intervention de Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement Démocrate, aux journées organisées par le courant « L’espoir à gauche » animé par Vincent Peillon ne serait qu’un signe d’une alliance dès le premier tour avec la liste socialiste conduite par Jean-Paul Huchon aux régionales de 2010. Et comme, contrairement aux municipales, la stratégie devrait être cohérente au niveau national, cette alliance devrait se reproduire pour les autres régions. En tout cas, c’est ce qu’affirme Christophe Ginisty qui le tiendrait de sources sûres émanant du « Siège ».

La publication de cette note a fait l’objet d’un commentaire de Marielle de Sarnez, chose extrêmement rare:

Je tiens à donner quelques clés pour comprendre la position délicate qu’a le Mouvement Démocrate pour ces élections régionales.

Depuis sa création par un vote du Conseil national de l’UDF en mai 2007, le Mouvement Démocrate a obtenu des scores inférieurs à ceux obtenus par l’UDF. Néanmoins, l’UDF avait, même dans ses dernières années et dans certains cas, l’absence de candidats UMP. Or, le MoDem se devait de se présenter sous ses propres couleurs et donc affronter des concurrents que n’avait pas l’UDF. Et dans un système bipolaire, voire bipartisan, la place du troisième n’est pas la plus aisée.

Les résultats aux élections municipales puis européennes ont montré, pour les raisons maintes fois évoquées, que le MoDem a un étiage dans les 8% alors que l’UDF tournait dans les 12%. En 2004, l’UDF, forte de son réseau d’élus locaux et nationaux, pouvait partir au premier tour sous ses propres couleurs. En 2010, la situation est moins flatteuse pour le MoDem.

A cela, ajoutons le fait que nous n’avons pas encore la moindre once de projet que ce soit au niveau national, et pis encore, au niveau régional. Aussi, nous voulons faire émerger une génération nouvelle, mais à ce jour, peu a été fait pour au moins les montrer un tant soit peu. De plus, nos « anciens » se réduisent à peau de chagrin et ne sont pas suffisamment médiatisés. De ce fait, alors que nos concurrents connaissent leurs têtes de listes, nous, nous n’avons pas commencé le casting.

L’affaire semble bien mal menée. Mais, que faire ? Pouvons-nous aller sous nos propres couleurs au risque d’être absent au second tour et de nous priver une nouvelle fois d’élus ? Pouvons-nous nous allier avec d’autres partis au risque de tuer la troisième voie que nous essayons de construire difficilement ? Si oui, avec qui ? Avec un Parti socialiste qui, de toute façon, ne renouvellera pas l’exploit de 2004 ou avec Europe-Ecologie encore enivré d’un succès somme toute relatif au vu de la forte abstention ?

Pour ma part, j’avais déjà évoqué en privé qu’une alliance avec le PS et les Verts était possible pour peu que nous soyons en position de force au sortir des européennes (au moins 12% des suffrages). Or, il semble qu’il va falloir conjuguer nos idéaux et des impératifs plus terre à terre. Un choix difficile s’annonce.

Jérôme Charré

De l’échec de Paris-Métropole

19/06/2009 Comments off

Le 10 juin, dans la ô combien symbolique ville de Clichy-sous-Bois, s’est enfin installé le syndicat mixte d’études Paris-Métropole. Celui-ci est la poursuite de la Conférence métropolitaine créée il y a quelques années de cela.

Je dois dire que je suis assez déçu de cette installation. Nous n’avons assisté qu’à un misérable et énième conflit entre droite et gauche. Ainsi, il n’y a seulement que 87 membres fondateurs, et quasi aucune ville des Hauts-de-Seine ou des Yvelines. Celles-ci, de droite, ont refusé d’adhérer à une structure de gauche. Les autres ont donc décidé de désigner un maire de gauche comme président, son successeur nous dit-on devant être de droite.

Bref, alors qu’ils ont su se mettre en branle contre l’idée émise par le Comité pour la réforme des collectivités territoriales présidé par Edouard Balladur d’une collectivité du Grand-Paris issu de la fusion des départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne avec des compétences métropolitaines, la gauche et la droite francilienne sont incapables de se mettre d’accord sur une simple structure d’études.

Dès lors, il ne faudra pas s’étonner que le chef de l’Etat y mette réellement les pieds dedans et décide unilatéralement de l’avenir administratif de la région-capitale. Son discours consensuel au Palais de Chaillot montre bien qu’en Ile-de-France, si l’Etat ne prend pas en charge les affaires, ce ne sont pas les élus qui en seront capables.

Jérôme Charré

Saborder Météor

10/04/2009 3 commentaires

Projet du STIF du prolongement de MétéorLe Conseil d’administration du STIF, présidé par le président socialiste du Conseil régional d’Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, au cours de sa séance du 8 avril dernier vient de saborder purement et simplement le projet Météor lancé en 1989.

En effet, l‘idée de départ de Météor, aujourd’hui ligne 14 du métro, était de désengorger le RER A entre Châtelet-Les Halles et la gare de Lyon, desservir les quartiers Bercy et Bibliothèque François Mitterrand et enfin, et je dirai même surtout, reprendre l’une des branches des lignes 7 et 13. Il s’agissait alors de relier le port de Gennevilliers à l’aéroport d’Orly via Saint-Lazare, Châtelet et Gare de Lyon.

En cédant à la mode, le STIF a décidé de commencer à saborder Météor en préparant un tramway entre Villejuif-Louis Aragon et Orly. La reprise de la branche Villejuif via Maison Blanche est pour l’heure remisée. Quant à la reprise de l’une des branches de la ligne 13, elle est totalement anéantie. L’idée de Flugence Bienvenüe de n’avoir que deux terminus pour une ligne de métro jetée aux orties.

Dès lors, je partage l’opinion de Daniel Le Cunff, délégué CGT-RATP et du Comité d’usagers de la ligne 13 de Saint-Denis qui soutiennent l’idée de dédoublement. Mais, le STIF a bien du mal à avoir un minimum de bon sens dans cette affaire.

La solution d’un prolongement au nord de la ligne 14 via Mairie de Saint-Ouen ne résout par les problèmes structurels de la ligne 13, notamment cette fameuse fourche. En effet, la fréquentation très élevée entre Saint-Lazare et Montparnasse est consécutive à l’absence d’une liaison RER.

Ensuite, le STIF n’a semble-t-il pas pensé qu’avec son projet, il fera que les usagers qui faisaient le trajet de Porte de Clichy ou Clichy-Saint-Ouen à Bibliothèque François Mitterrand par le RER C se porteront sur le métro 14 plus rapide, ajoutant un peu plus de fréquentation.

Daniel Le Cunff, délégué CGT-RATP explique que le dédoublement est l’idée la « plus rapide (il aurait été terminé en 2014), le moins coûteux (640 millions d’euros) et le plus efficace. Avec une croissance de la fréquentation de 3 % par an, le prolongement ne suffira pas. »

Quand on regarde les statistiques, le trafic augmente de manière régulière de 3% par an soit une augmentation de plus de 26,5% en 8 ans la réduction de trafic attendue est de 25%. La prétendue solution proposée par le STIF est donc insuffisante et devra rapidement être complétée. Peut-être celui-ci nous proposera un tramway pour palier à ces propres erreurs.

Jérôme Charré

Penser enfin Roissy et son voisinage

23/03/2009 Comments off

Dans une déclaration commune, les présidents des conseils généraux autour de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et le président du conseil régional d’Ile-de-France ont affirmé leur volonté de coopérer pour définir une stratégie cohérente sur ce territoire.

Ils constatent que « le territoire de Roissy (…) ne dispose pas d’une gouvernance adaptée permettant d’assurer une réelle cohérence dans son développement », ils estiment que la « faiblesse de la gouvernance territoriale du secteur de Roissy est dommageable à plusieurs niveaux. La plateforme aéroportuaire vit trop repliée sur elle-même, sans connexion suffisante avec la région métropolitaine qui l’entoure. Les populations riveraines profitent trop peu des emplois créés et de la richesse produite. Les ressources fiscales issues de l’activité aéroportuaire ne sont pas équitablement réparties. Et il n’existe pas, pour ADP, d’interlocuteur territorial disposant de la taille critique pour peser sur sa politique de développement. »

Pour cela, les quatre présidents préparent des projets pour améliorer l’accès à l’emploi des riverains, améliorer la desserte des transports en communs intégrant notamment le barreau ferroviaire de Gonesse, préserver le cadre de vie, permettre une meilleure répartition des ressources produites par la plateforme aéroportuaire et enfin, assurer une meilleure gouvernance de ce territoire. Ils envisagent aussi la création d’une opération d’intérêt régional (OIR).

Pour ma part, j’espère que cette déclaration soit suivie des actes concrets. En effet, pour améliorer l’accès à l’emploi, il me semble essentiel de s’atteler d’une part au manque de diversification de la formation initiale dispensée aux élèves et d’autre part à l’emploi de ceux qui ne sont pas jeunes et que l’on oublie trop souvent.

De même, pour assurer une meilleure répartition des ressources, les solutions existent. Elles peuvent être liées à une nouvelle gouvernance (intercommunalité par exemple). En ce qui concerne le cadre de vie, le chemin pris par certaines communes sont à contre-courant du développement durable et il me semble difficile de ramener Roissy sur le chemin du développement durable.

Enfin, pour les transports, certes, le bareau de Gonesse reliant les RER B et D est une composante essentielle. Mais, le président du Conseil régional devrait d’abord investir pour que ces deux lignes de RER n’utilisent plus le même tunnel entre Gare du nord et Châtelet-Les Halles. Aussi, le tramway T4 avec de futurs débranchements pourrait également permettre de desservir ce territoire.

Ainsi, il est nécessaire d’être attentif aux actes de ces présidents. Je considère qu’il était temps de s’atteler à l’environnement de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle que l’on occultait trop souvent. Le projet de CDG Express cristallise à merveille le mépris envers les populations voisines.

Jérôme Charré