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Impressions de campagne

12/03/2010 Aucun commentaire


Alain Dolium Diaporama « Campagne des régionales IDF 2010″
envoyé par AlainDolium.

La campagne pour les élections régionales touche à sa fin. Celle-ci n’a pas spécialement intéressé nos concitoyens. Et c’est regrettable tant la Région peut faire pour eux dans leur vie quotidienne: logement, transports, emploi… La faute à la crise ? Peut-être. Mais, pas seulement.

A mon sens, les Français se sont convaincus que seule l’élection présidentielle permettait d’insuffler le changement. De l’autre côté, ils participent aux élections municipales car ce sont des élus de proximité que l’on peut rencontrer plus ou moins aisément.

Avec Alain Dolium, nous voulons que la Région soit cet acteur de proximité dont les Français, et en particulier les Franciliens, ont besoin et qu’elle permette d’insuffler ce changement de politique qu’ils attendent.

Je ne suis pas convaincu que reconduire telle quelle la majorité sortante PS-Verts-PCF puisse répondre aux attentes de nos concitoyens. Il ne s’agira pour eux d’ériger la Région en contre-pouvoir du gouvernement. Il faut sortir de cet affrontement stérile entre gauche et droite, entre Région et Etat. Les défis qui s’annoncent méritent mieux que cela.

En 2004, pour envoyer un message au gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, les Français ont fait élire 20 présidents de région socialiste sur 22. Est-ce que cela a changé les choses favorablement ? En 2007, Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République. Souhaitez-vous que le scénario se reproduise ce dimanche et dimanche prochain pour arriver au même résultat en 2012 ? La seule réponse possible pour éviter cela est de voter Mouvement Démocrate et Alain Dolium ce dimanche.

Jérôme Charré

Se rassembler, pourquoi faire ?

16/11/2009 2 commentaires

Après une rencontre à Marseille dans le cadre des Ateliers d’été du courant socialiste L’Espoir à gauche, des représentants socialistes, écologistes et démocrates se sont retrouvés dans le cadre du Rassemblement.

Il s’agit de proposer une alternative crédible à Nicolas Sarkozy, un autre projet. L’idée est séduisante mais elle me paraît terriblement réductrice. En effet, il existe une règle en politique qui est de ne pas nommer son adversaire ou concurrent afin de lui donner de l’importance. Or là, ce Rassemblement ne tient que parce qu’il est contre l’actuel locataire de l’Elysée.

Cela est bien regrettable car c’est la première fois que le terme même de « rassemblement » est utilisé par des courants de gauche et du centre. Tout le long de la Ve République, les Rassemblements qui soient pour la République (RPR) ou plus ancien du peuple français (RPF) étaient plutôt de droite ou de centre-droit. Leurs qualificatifs étaient également larges, la République ou le peuple français, ce qui en rajoutait. Là, le rassemblement n’est qu’une agrégation de socialistes, d’écologistes et de démocrates. Il aurait fallu voir plus large.

Ainsi, si je suis favorable à cette idée de rassemblement, elle me pose problème par rapport à la conception que j’en ai, qui était celle du candidat François Bayrou en 2007, c’est-à-dire en rassemblant les personnalités de gauche, du centre et de droite. Ici, les personnalités de droite qui malgré tout s’opposent à la politique conduite aujourd’hui sont rejetés de ce rassemblement.

Enfin, comment peut-on prétendre parler d’un rassemblement si les amis des différentes familles politiques s’enferment au lieu de s’ouvrir ?

Jérôme Charré

Autonomie plutôt qu’alliances

25/10/2009 Comments off

Hier, se tenait le Conseil national du Mouvement Démocrate. Celui-ci, à l’unanimité des membres présents, a décidé qu’une liste investie par le Mouvement Démocrate sera présente dans toutes les régions pour les élections régionales de 2010.

J’ai évoqué que le choix des listes autonomes préserve à court terme le positionnement du MoDem. Il faudra réaliser au moins 5% des suffrages pour pouvoir fusionner avec une liste d’alternance, donc de gauche. Ensuite, le mieux est d’obtenir 10% des suffrages pour soit se maintenir, soit pouvoir négocier en position de force.

Le Conseil national a choisi une solution qui se présente comme délicate mais pas insurmontable. Désormais, nous devons nous atteler à mettre sur pied notre projet, des programmes régionaux, à changer la perception qu’ont les Français du MoDem, et enfin à améliorer la notoriété de nos futures têtes de listes.

Concernant celles-ci, en juillet, François Bayrou annonçait vouloir l’organisation de primaires, en septembre, il revenait dessus, enfin, hier, c’est une solution médiane qui est prévue. Ainsi, les têtes de listes régionales sont proposées (et choisies selon des critères de notoriété et de reconnaissance) par le Bureau exécutif puis elles doivent être approuvées par les adhérents des régions concernées.

Lors de sa séance du 4 juillet, le Conseil national avait adopté l’idée d’une réflexion pour une désignation plus démocratique des candidats. Ainsi, par rapport aux européennes, le corps électoral chargé d’approuver les têtes de listes sera plus large, du Conseil national, nous passons aux adhérents de chaque région.

Pour ma part, le Mouvement Démocrate s’est enfermé dans un calendrier extrêmement serré et une nouvelle fois épuisant avec un Congrès début décembre à Arras, puis une campagne électorale. Pour mémoire, l’UDF avait désigné ses têtes de listes et chefs de files pour les élections régionales de mars 2004 début novembre 2003, et la réflexion sur les programmes étaient amorcés dès septembre 2003. Autant dire que nous avons déjà du retard, et l’organisation de primaires auraient alourdi notre calendrier, en ajoutant une nouvelle vague de querelles, sinon guerres, intestines.

Je sais bien que l’alternance entre des longs moments où il ne se passe rien et des séquences plus courtes où tout est concentré devient une habitude au Mouvement Démocrate. Et que cela ne constitue pas une raison pour chasser la question des primaires, et même d’amélioration de la démocratie interne.

Il faut reconnaître qu’il y a des choses que je dis avec d’autres concernant le fonctionnement et l’organisation du Mouvement Démocrate dès sa création qui commence enfin à poindre le bout du nez. Dès lors, nous devons continuer d’être exigeant à l’intérieur du mouvement afin de suivre avec intérêt la transformation d’une organisation UDF en une organisation enfin MoDem.

Jérome Charré

Alliance, alliances

06/10/2009 3 commentaires

Depuis la sévère défaite aux élections européennes, le Mouvement Démocrate ne peut plus prétendre à incarner la troisième force, ni UMP, ni PS. Dès lors, pour les élections régionales, deux choix sont proposés.

Soit, le Mouvement Démocrate présente des listes autonomes au premier tour et advienne que pourra au second, soit, il s’allie avec une autre famille politique.

Le choix des listes autonomes préserve à court terme (entre les deux tours seulement) le positionnement du MoDem. Néanmoins, il faut réaliser au moins 5% des suffrages pour pouvoir fusionner, et d’après ce que l’on en connaît, avec la liste de gauche. Ensuite, le mieux est d’obtenir 10% des suffrages pour soit se maintenir, soit pouvoir négocier en position de force. Or, les résultats de 2004, à l’époque, avec un score moyen de 11-12%, les premiers sondages donnant un poids de 7-9% n’incitent pas à se lancer une nouvelle fois en solo.

Aussi, si dans quelques régions, les têtes de liste sont déjà connues, malgré les promesses de François Bayrou à ce sujet, elles auront un double problème: une notoriété moindre et une vision déclinante du MoDem.

Ensuite, il peut y avoir des alliances dès le premier tour, soit selon les régions, soit pour tout le territoire. Dans ce cas-là, à mon sens, il est plus sage de privilégier une alliance avec Régions-Ecologie qu’avec le Parti socialiste. L’alliance avec le PS est la plus dangereuse. En effet, si la liste PS-MoDem a du mal à distancer nettement celle des Verts ou qu’elle est distancée, les candidats MoDem seront les dindons de la farce. Si les deux électorats peuvent être complémentaires, seul l’antisarkozysme peut les rassembler.

L’alliance avec Régions-Ecologie est alors plus prometteuse. Le tandem Régions-Ecologie-MoDem aura plus de poids face au PS pour négocier des postes dans les exécutifs régionaux. Aussi, les électorats sont plus similaires, de même que la vision du monde. De plus, les deux ensembles sont assez similaires. En effet, que ce soit Régions-Ecologie ou le Mouvement Démocrate, ils sont au départ issus d’un parti nucléaire (Les Verts pour les premiers, l’UDF pour les seconds) qui s’est incroyablement ouverts lors d’une campagne électorale (européenne et présidentielle).

Le choix sera difficile à faire. En tant que partisan ancien de l’indépendance de l’UDF vis-à-vis de l’UMP, je ne pourrai qu’être favorable à la présence de listes autonomes. Néanmoins, le Mouvement Démocrate ne peut, au risque de disparaître, se permettre de manquer cette élection.

Jérôme Charré

Déception durable ?

29/09/2009 un commentaire

Plusieurs consultations électorales ont eu lieu ces dernières semaines, suite à des annulations des précédents scrutins. Il vaut mieux franc mais le bilan de celles-ci pour le Mouvement Démocrate n’est pas des plus brillants.

Ainsi, à Rambouillet, le candidat Divers gauche, Georges Mougeot, soutenu en personne par François Bayrou n’a recueilli que 9,58% des suffrages, soit deux points de moins que son premier adjoint au maire, Pierre Le Guérinel, candidat en 2007. On peut se satisfaire comme Marielle de Sarnez que le score de la candidate des Verts, Anne Poursinoff, valide la démarche initiée par François Bayrou, mais pour l’instant ce n’est pas vraiment au profit du MoDem.

Aussi, à Corbeil-Essonnes, la liste « sans étiquette » de l’ancien premier adjoint au maire Serge Dassault et présidente du Mouvement Démocrate de l’Essonne, Nathalie Boulay-Laurent, n’obtient que 4,63 % des voix. Le positionnement de cette dernière lui a sans doute nuit.On peut citer également le score obtenu par Eric Fluck à la cantonale d’Argenteuil ou celui de Fabien Bénard à Nice (un peu plus de 2% des suffrages chacun).

Les élections partielles ne peuvent, compte tenu de l’importance du contexte local et des fortes abstentions, servir d’éléments d’analyses pour la situation nationale. Néanmoins, on ne peut que constater que le Mouvement Démocrate éprouve beaucoup plus de difficultés que lors des élections précédentes, y compris partielles.

De là, à voir de futures déceptions quant aux résultats obtenus par les candidats démocrates, il n’y a qu’un pas. Lors d’un Conseil national, François Bayrou indiquait sur ces fameuses élections partielles, qu’il ne fallait pas forcément se présenter si un bon score (plus de 10%) n’était pas possible. Il expliquait que si on présentait à ces élections et que le score était mauvais, cela nuisait au mouvement et pouvait conduire à des scores encore plus médiocres.

C’est bien souvent lors des campagnes électorales que les citoyens s’intéressent à ce que disent les partis politiques et leurs représentants. Cela pose problème car à force d’être des scrutins, comment réussir à parler de nos idées ? Doit-on continuer à accumuler les déceptions électorales ?

Un improbable dialogue

23/09/2009 Comments off

Lors de notre université de rentrée, François Bayrou a soumis l’idée d’un « Parlement de l’alternance » afin d’éviter que le pouvoir en place, avec ce qu’il fait de notre société et de ses valeurs, ne reste en place dix ans.

J’évoquais la situation délicate que cela pouvait occasionner dans les collectivités où les élus MoDem l’ont été avec l’UMP. Mais, plus près de moi, elle ne sera pas non plus des plus évidentes. Comment faire fonctionner ce « Parlement de l’alternance » en Seine-Saint-Denis ?

En effet, dans ce département historiquement à gauche (la fameuse « ceinture rouge »), d’une part, le besoin d’alternance n’est pas le même et d’autre part, nous n’avons pas les représentants de l’opposition les plus sympathiques à notre égard. La secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, députée de la 4e circonscription, a clairement indiqué un refus de dialoguer avec le MoDem. De même, ce n’est pas le patron local du Parti socialiste et lieutenant de Laurent Fabius, Claude Bartolone, qui acceptera cette proposition.

Lors des dernières élections municipales, le Mouvement Démocrate avait présenté 18 candidatures indépendantes, une dizaine alliée à l’UMP ou Divers droite, une seule avec le PS au Blanc-Mesnil. Malheureusement, la tête de liste socialiste a été exclue par Claude Bartolone. Le seul maire étiqueté MoDem l’a été sur une liste MoDem-UMP.

Dès lors, la proposition qu’elle est évoquée par François Bayrou me semble bien improbable, sinon impossible, à mettre en oeuvre en Seine-Saint-Denis.

Néanmoins, si on change les éventuels interlocuteurs, cela peut devenir possible. L’UMP d’Eric Raoult verrait d’un bon oeil que le MoDem devienne son vassal comme l’était l’UDF auparavant. Mais, après le chemin parcouru depuis 1999, et constatant les nettes différences de vision de société entre UMP et MoDem, à quoi bon un tel retour ?

Reste à ce jour deux possibilités. D’abord, dans un département laboratoire pour le pays, le MoDem et Europe-Ecologie ont la même sociologie électorale et sur de nombreux points des idées convergentes et complémentaires. Cependant, cela peut être un facteur de concurrence entre les deux formations.

Enfin, le Mouvement Démocrate peut rester isolé des autres forces politiques départementales. Mais, pour survivre puis se développer, il devra impérativement dialoguer avec les forces vives séquanodyonisiennes. Et si, finalement, il valait mieux dialoguer avec les citoyens que des politiques ?

Jérôme Charré

Toi aussi, réponds au questionnaire socialiste

14/09/2009 2 commentaires

Le questionnaire du Parti Socialiste est en ligne ! Comme Frédéric, bien que n’étant pas socialiste, j’ai décidé d’y répondre.

Question 1-1 : Êtes-vous favorables à la désignation du candidat(e) des socialistes par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012 et veulent participer à la victoire de la gauche ?

Oui.

La composition et la sociologie des partis politiques français font qu’ils ne sont pas suffisamment représentatifs des citoyens français. Dès lors, associer les citoyens à ce genre de désignation me semble utile afin qu’ils s’emparent du débat, à l’image de ce qui se passe pendant les primaires aux États-Unis.

Question 1-2 : Donnez vous mandat au Bureau National pour organiser ensemble avec les formations de gauche qui le souhaitent de telles primaires dans le cadre d’un rassemblement politique et sur la base d’une plate-forme commune ?

Abstention.

La question ne se pose pas pour moi. Cependant, je ne suis pas certain que les autres formations de gauche vont accepter de se mettre en retrait pour désigner le candidat socialiste.

Question 2-1 : Êtes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l’impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d’une loi, dès les prochains renouvellements (cantonales 2011, Sénatoriales 2011, législatives 2012) un mandat de parlementaire avec une présidence d’exécutif local (Communes, Intercommunalité, CG, CR) ou la participation à un exécutif (Vice-Pdt, Maire adjoint ) ?

Oui.

Je considère que l’argument du cumul entre un mandat national et un mandat local permet d’avancer les dossiers locaux est digne de l’Ancien régime. Il est temps que les élus travaillent en équipe, il n’est nul besoin de s’accaparer tous les mandats. Aussi, il me paraît absurde de pouvoir exercer un mandat parlementaire (présence en séance, en commission,etc.) et un mandat d’exécutif local qui tient de la véritable gestion. Cela conduit à transférer l’un des deux, sinon les deux, à des personnes qui ne sont pas élues.

Question 2-2 : Êtes-vous favorables à limiter à trois les mandats successifs des présidents d’exécutifs locaux (Maires, Présidents de Conseil Général, de Conseil Régional, et d’Intercommunalité) ?

Oui.

L’électeur est certes souverain, mais à force il devient vassal de l’élu. En effet, un président d’exécutif local devient progressivement un baron local qui décide des places en crèches, de l’attribution de logements, etc. Il y a inversion des rôles. De plus, être élu n’est pas un métier. Certes, c’est une tâche passionnante mais cela ne doit être la seule réalisation d’une vie.

Question 3-1 : Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité totale dans toutes les instances du Parti (locales et nationales) ?

Oui.

Cela me semble essentiel afin de tenir compte de la composition du corps électoral. De plus, cela permettra de renouveler les partis de l’intérieur. Néanmoins, il faut s’interroger sur les raisons qui font que les femmes ne s’investissent pas en politique, et préfère par exemple la vie associative.

Question 3-2 : Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité dans les candidat(e)ures pour les élections législatives de 2012 ?

Oui.

La très grande majorité des sortants étant des hommes, même avec la parité, il sera difficile de rendre le Parlement paritaire. De plus, des petits malins se présentent en dissident car n’acceptant pas de laisser « leur place » à une femme.

Question 3-3 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société française, et pour cela, en réservant si nécessaire, des circonscriptions électorales ?

Abstention.

Cependant, la diversité est très subtile à définir. Elle est principalement sociale, elle peut être ethnique. Pour ma part, je ne suis pas favorable à des quotas ou des alibis, mais à une vraie démarche de détection de candidats pour ce qu’ils sont, leurs compétences et leurs envies.

Question 4-1 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts des règles nouvelles permettant d’ouvrir largement notre parti aux hommes et aux femmes de gauche en réduisant les obstacles à leur adhésion (adhésion directe, adhésion à des sections thématiques, montant des cotisations, modalité d’accueil, adhésion sur Internet…) ?

Abstention.

L’expérience que nous avons au Mouvement Démocrate fait que plus on facilite l’adhésion, plus on permet la culture du zapping. Il arrive que lorsque les instances concernées reçoivent enfin le fichier des adhérents à jour, celui-ci est déjà parti. Si toutefois, il a eu la niaque de rester, il faut lui permettre de militer selon ses compétences et ses motivations.

Question 4-2 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts, des règles de démocratie interne permettant d’améliorer l’efficacité de nos Congrès et de choisir nos dirigeants en cohérence avec nos orientations politiques ?

Abstention.

Pourquoi donner à ceux qui semblent avoir été désignés avec un respect des règles plutôt aléatoires le soin d’améliorer les règles ?

Question 5.1 : Êtes-vous favorables à la création dans notre parti d’une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?

Abstention.

Ça me semble une mesure de bon sens. Si l’organisation d’un parti politique correspond à ce qu’il voit de la constitution française, alors il est nécessaire d’avoir une sorte de Conseil constitutionnel.

Question 5.2 : Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ?

Abstention.

Ça me paraît de bon sens également, sinon évident.

A toi de jouer, cher lecteur !

Jérôme Charré

Sièges, casquettes et maroquins

13/09/2009 Comments off

En France, cela des années que l’on entend parler de cumul de mandats électifs. Le débat revient régulièrement, mais il est d’une inefficacité affligeante. Ainsi, alors qu’il a accepté que quelques-uns de ses ministres aient des fonctions exécutives au sein de conseils généraux, Nicolas Sarkozy imposent à ceux qui sont candidats aux régionales de choisir entre la présidence de région et le maroquin ministériel. Ainsi, Patrick Devedjian pourra continuer d’être ministre de la relance et président du Conseil général des Hauts-de-Seine alors que Valérie Pécresse, Xavier Darcos ou Roselyne Bachelot ne pourront être ministres et présidents de conseils régionaux. Le Président de la République n’est pas à un paradoxe près.

En face, la Premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, s’est permise d’affirmer que le projet socialiste se doit d’imposer le non-cumul des mandats à ses élus. Mais, aussitôt elle corrige le tir en indiquant qu’il était trop tard pour mettre en place ce principe pour les élections régionales. En quête de légitimité, il faut éviter de froisser les barons locaux tels Jean-Marc Ayrault, François Rebsamen, Alain Rousset, Jean-Jack Queyranne.

On peut regretter que l’un des plus grands défenseurs de la cause, Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire, ait lui aussi céder aux sirènes du cumul en prenant la présidence du Conseil général. De même, les Verts tolèrent que deux de leurs principaux représentants, Noël Mamère et Dominique Voynet, cumulent un mandat parlementaire avec la fonction de maire.

Enfin, au Mouvement Démocrate, nous ne sommes pas non plus en pointe sur ce thème. « On ne peut jouer au rugby avec les règles du football », disait François Bayrou. Néanmoins, lorsque nous prétendons vouloir émerger une génération nouvelle, il faut lui permettre de se montrer, et donc éviter que ce soit toujours les mêmes qui apparaissent sur les bulletins de vote.

On rétorquera que les électeurs apprécient d’avoir des candidats connus. Pas besoin de cumul pour cela, il suffit de les investir suffisamment en amont afin qu’ils mènent d’abord une campagne de notoriété. On rétorquera également que le cumul permet de faire avancer des dossiers locaux. Pas besoin de cumul pour cela, il suffit d’apprendre enfin le travail en équipe.

Les élus se satisfaisant de l’absence d’interdiction de non-cumul, ils ne devraient certainement pas voter une loi de leur propre cru. Dès lors, la seule solution est un référendum.
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Jérôme Charré

Tout est déjà plié ?

28/08/2009 3 commentaires

L’intervention de Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement Démocrate, aux journées organisées par le courant « L’espoir à gauche » animé par Vincent Peillon ne serait qu’un signe d’une alliance dès le premier tour avec la liste socialiste conduite par Jean-Paul Huchon aux régionales de 2010. Et comme, contrairement aux municipales, la stratégie devrait être cohérente au niveau national, cette alliance devrait se reproduire pour les autres régions. En tout cas, c’est ce qu’affirme Christophe Ginisty qui le tiendrait de sources sûres émanant du « Siège ».

La publication de cette note a fait l’objet d’un commentaire de Marielle de Sarnez, chose extrêmement rare:

Je tiens à donner quelques clés pour comprendre la position délicate qu’a le Mouvement Démocrate pour ces élections régionales.

Depuis sa création par un vote du Conseil national de l’UDF en mai 2007, le Mouvement Démocrate a obtenu des scores inférieurs à ceux obtenus par l’UDF. Néanmoins, l’UDF avait, même dans ses dernières années et dans certains cas, l’absence de candidats UMP. Or, le MoDem se devait de se présenter sous ses propres couleurs et donc affronter des concurrents que n’avait pas l’UDF. Et dans un système bipolaire, voire bipartisan, la place du troisième n’est pas la plus aisée.

Les résultats aux élections municipales puis européennes ont montré, pour les raisons maintes fois évoquées, que le MoDem a un étiage dans les 8% alors que l’UDF tournait dans les 12%. En 2004, l’UDF, forte de son réseau d’élus locaux et nationaux, pouvait partir au premier tour sous ses propres couleurs. En 2010, la situation est moins flatteuse pour le MoDem.

A cela, ajoutons le fait que nous n’avons pas encore la moindre once de projet que ce soit au niveau national, et pis encore, au niveau régional. Aussi, nous voulons faire émerger une génération nouvelle, mais à ce jour, peu a été fait pour au moins les montrer un tant soit peu. De plus, nos « anciens » se réduisent à peau de chagrin et ne sont pas suffisamment médiatisés. De ce fait, alors que nos concurrents connaissent leurs têtes de listes, nous, nous n’avons pas commencé le casting.

L’affaire semble bien mal menée. Mais, que faire ? Pouvons-nous aller sous nos propres couleurs au risque d’être absent au second tour et de nous priver une nouvelle fois d’élus ? Pouvons-nous nous allier avec d’autres partis au risque de tuer la troisième voie que nous essayons de construire difficilement ? Si oui, avec qui ? Avec un Parti socialiste qui, de toute façon, ne renouvellera pas l’exploit de 2004 ou avec Europe-Ecologie encore enivré d’un succès somme toute relatif au vu de la forte abstention ?

Pour ma part, j’avais déjà évoqué en privé qu’une alliance avec le PS et les Verts était possible pour peu que nous soyons en position de force au sortir des européennes (au moins 12% des suffrages). Or, il semble qu’il va falloir conjuguer nos idéaux et des impératifs plus terre à terre. Un choix difficile s’annonce.

Jérôme Charré

Une histoire commune ?

24/08/2009 un commentaire

Quelques dirigeants du Mouvement Démocrate ont participé aux journées organisées par le courant « L’espoir à gauche » animé par Vincent Peillon. Ainsi, Jean-Luc Bennahmias et Marielle de Sarnez participaient aux tables-rondes.

L’intervention de cette dernière à la table-ronde dont le thème était « Une nouvelle majorité progressiste pour la France: Comment et avec qui ? » a largement contribué à la médiatisation de ces journées. Sans doute, plus importante que la traditionnelle université d’été socialiste de La Rochelle.

En ce qui me concerne, je ne vois pas d’un mauvais oeil la participation des représentants du Mouvement Démocrate a ce type de rencontres. En effet, il me semble essentiel de sortir de notre isolement et de discuter avec d’éventuels futurs partenaires dont nous pouvons avoir des valeurs communes.

Néanmoins, je suis extrêmement sceptique sur la naissance d’une histoire commune entre MoDem, PS, PRG, Verts et PCF. En effet, depuis 1999, François Bayrou a progressivement amorcé le recentrage de l’UDF qui sera ensuite confirmé dans la création du Mouvement Démocrate. Là, je sens poindre qu’après une période d’indépendance vis-à-vis de la droite, nous nous acheminons vers une alliance avec la gauche. Dès lors, je crains que l’idée-même d’un Mouvement Démocrate indépendant risque de n’avoir été qu’une utopie.

Bien sûr, il ne s’agit que d’une intervention à des journées organisées par un courant socialiste. Les députés MoDem ne sont pas vassaux de l’UMP, pour les sénateurs c’est moins clair. Ils ne le sont pas encore du PS.

Nos valeurs ne sont pas, et de loin, celles prônées par la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy. Je ne suis pas certain qu’elles soient celles d’une gauche archaïque qui n’a su tirer les conséquences de ses échecs répétés.

Aussi, alors que le Conseil national a adopté la tenue d’un congrès programmatique à l’automne, alors que nous n’avons pas encore l’ébauche de programme (certains en oublient même celui de 2007 !), je considère que nous ne devons pas précipiter d’éventuelles alliances.

Le PS ne semble pas se remettre de son dernier échec aux élections européennes, mais il n’a pas encore implosé. Les Verts ne sont pas encore fondus dans Europe-Ecologie. Certains radicaux de gauche, et notamment Jean-Michel Baylet, voudraient se remarier avec les radicaux valoisiens (de droite). Ainsi, si l’opposition à Nicolas Sarkozy réunit tous ces partis, cela ne fait pas encore un socle pour un éventuel rapprochement des progressistes.

Aussi, un tel rapprochement risque de provoquer une énorme confusion dans nos rangs, et par là-même de nouveaux (ou d’énièmes) départs. Cela risque, en effet, d’être problématique dans les collectivités où nos élus l’ont été avec l’UMP, sous le bon patronnage de François Bayrou.

Je suis convaincu que nous pouvons être la locomotive d’une rénovation de la politique en France. Mais, j’espère que nous ne briserons pas l’élan qui a été à l’origine de notre mouvement.

Jérôme Charré